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Qu’attendent les réfugiés de Calais des organisations humanitaires ?

Lisa Daoud est Référente technique pour le suivi, l’évaluation, la redevabilité et l’apprentissage. Elle a été mobilisée sur l’urgence Calais pour enquêter et réaliser des entretiens informels avec les réfugiés afin de comprendre leurs attentes et d’adapter au mieux la réponse de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans le camp de la Lande ou survivent entre 3 000 et 3 500 personnes. 

 

Tout d’abord peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail ?

Mon travail, comme l’indique l’intitulé de mon poste, consiste à comprendre les besoins des personnes à qui l’on apporte un soutien et à évaluer nos interventions. A Calais, comme ailleurs, au Soudan du Sud ou au Liban par exemple, je me rends dans les camps, je rencontre les réfugiés et les interroge sur leurs attentes, je constate et regarde les conditions dans lesquelles ils vivent : leurs abris, les installations sanitaires à leur disposition, la gestion des déchets… Après cette évaluation, j’en tire des recommandations pour adapter notre réponse.

Tu t’es donc rendue à Calais à la rencontre des réfugiés qui survivent là-bas. Quel est leur sentiment sur leurs conditions de vie ?

Les réfugiés que j’ai pu rencontrer ont tous le même sentiment : ils sont découragés. Ce sentiment de découragement, je l’ai rencontré dans tous les camps de réfugiés dans lesquels je me suis rendue. Les réfugiés de Calais ne sont évidemment pas satisfaits des conditions dans lesquels ils vivent. Ils ne s’approprient pas ce lieu de vie. Si certains restent, c’est pour obtenir un statut de réfugié en France. Les autres tentent de partir. Certains font trois à cinq tentatives par semaines pour passer de l’autre côté de la Manche.

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Quel est leur premier besoin selon eux : boire, manger, avoir un toit ?

Le premier besoin couvert par les associations qui viennent en aide aux réfugiés, c’est la nourriture. Les réfugiés ont donc pour la plupart de quoi se nourrir. Ceux que j’ai pu rencontrer lors de ma visite m’ont confié qu’ils attendaient surtout une aide pour leurs abris. Ensuite, ils demandent un soutien en termes de propreté et de santé.  Les deux sont liés. Dans ce camp, il n’est pas difficile de laver ses vêtements. C’est plus compliqué pour les faire sécher compte tenu de la géographie (le camp de la Lande est très proche de la mer et donc de l’humidité qu’elle dégage). Et cela va devenir encore plus complexe avec l’arrivée de l’hiver, de la chute des températures et de la pluie. Garder ses vêtements plusieurs jours dans un camp comme celui-ci peut avoir de graves conséquences sur la santé sachant que la gale est très présente.

Tu parles de l’hiver qui arrive. Les réfugiés de la Lande sont-ils équipés pour faire face au froid ?

Non, ils ne le sont pas et c’est aussi une demande qui remonte de la part des personnes interrogées. Ils souhaitent obtenir un soutien pour lutter contre ce froid. Aujourd’hui, certains font des feux directement dans leurs abris avec toutes les conséquences néfastes que cela peut engendrer, tant sur la sécurité que sur la santé : les abris peuvent prendre feu à tous moments et respirer la fumée d’un feu de bois peut également avoir de graves conséquences sur la santé. Par ailleurs, cela entraine une autre problématique bien connue des pays accueillant des camps de réfugiés : l’utilisation non-contrôlée de bois de chauffage qui présente également un risque considérable de déboisement pour les forêts alentours.

En juin dernier, nos équipes ont installé des douches et des toilettes dans le camp. Les réfugiés en sont-ils satisfaits ? Quelles remarques t’ont-ils fait sur ces installations sanitaires ?

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Je n’ai pas eu de remarques spécifiques négatives sur les toilettes et les douches que nous avons construites en juin. Dans l’ensemble, les réfugiés sont plutôt satisfaits de pouvoir se doucher  sans avoir à faire la queue des heures ou devoir choisir entre recharger son portable ou rester propre comme c’était le cas avant l’installation des blocs de douches par nos équipes en juin dernier. Mais nous avons constaté que les toilettes sont bouchées par les bouteilles en plastiques utilisés par les réfugiés pour le nettoyage anal. C’est un vrai problème car les toilettes deviennent inutilisables. Mais nous y remédions. Nous avons d’ores et déjà envoyé un prestataire pour résoudre ce problème.

Les réfugiés n’ont pas été sensibilisés à la bonne utilisation de toilettes et des douches installées comme c’est habituellement le cas dans les camps de réfugiés dans lesquels nous intervenons ?

A Calais, nous avons apporté une réponse d’urgence. Nous avons dessiné des signes explicatifs sur la bonne utilisation sur les portes des toilettes. Ce qui est particulier sur le site de la Lande, contrairement à d’autres camps, c’est qu’il s’agit d’un camp de transit. Les réfugiés arrivent, mais ne restent pas. La population tourne beaucoup, ce n’est pas un camp homogène et la sensibilisation devient très difficile. Il est toutefois envisagé de s’appuyer sur certains groupes de réfugiés, ceux qui ont posé une demande d’asile en France par exemple. Ces derniers sont amenés à rester sur le territoire. On devrait donc pouvoir s’appuyer sur eux. C’est en cours de réflexion.

Qu’en est-il de la gestion des déchets ? Les réfugiés ont-ils des demandes sur ce point ?

Comme expliqué plus haut, les réfugiés ont de vraies attentes de notre part quant à la propreté. Mais, comme pour l’utilisation des douches et des toilettes, il faudrait pouvoir s’appuyer sur eux et les sensibiliser. Comme la majorité ne reste pas dans le camp, la transmission des bonnes pratiques ne se fait pas des uns aux autres. Il y a également un autre problème sur la gestion des déchets : les poubelles manquent cruellement. Pour être réellement efficace, il faudrait que le camp soit totalement nettoyé avant même de commencer à faire de la sensibilisation et de s’appuyer sur les réfugiés eux-mêmes ainsi que sur des bénévoles. Mais là encore, c’est très complexe et très couteux, car les réfugiés ne restent pas ici et qu’il faut des moyens techniques lourds. Si certains sont très bien organisés et resteront jusqu’à l’obtention de leur statut de demandeurs d’asile, la plupart cherchent à trouver une vie plus décente et plus digne, ailleurs.

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- Qui sont les réfugiés qui affluent vers l'Europe ?
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- Le gouvernement annonce la création d’un camp de tentes à Calais : "C’est en deçà des besoins identifiés"
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