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SOUDAN DU SUD : au plus près de ceux qui souffrent

Pour aider les plus faibles, ceux qui souffrent, il faut parfois rester au plus près d’eux. Au Soudan du Sud, nos équipes présentes dans le pays depuis 2006 vivent aux côtés des familles à qui elles viennent en aide. Agnieszka GOSCINSKA, notre chef de mission au Soudan du Sud nous raconte.

Au Soudan du Sud, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, apporte une réponse aux problèmes de nutrition et d’accès à l’eau à plus de 65 000 personnes. Toujours au plus près des populations qui vivent les camps des casques bleus inadaptés à recevoir autant de réfugiés, nos équipes poursuivent sans relâche leur objectif de "aider plus loin". Et, malgré les pluies diluviennes qui submergent littéralement une partie de cette jeune nation, certains membres de notre staff vivent encore de manière très précaire.

Peux-tu nous décrire les conditions de vie au Soudan du Sud ? Sont-elles différentes d'une région à l'autre ?

Agnieszka : En effet, les conditions de vie varient énormément selon les régions où nous sommes présents. A Juba, par exemple, nous sommes dans une maison. A Malakal, c’est autre chose. Quand nous sommes arrivées là-bas, nous avions pour seul abris des petites tentes de mauvaise qualité dans lesquelles nous devions vivre, faire à manger, dormir et travailler. Nous sommes ensuite passés à des tentes Safari, mais avec l’arrivée des pluies, nous avons dû les remplacer par des conteneurs plus résistants qui nous servent de bureau et de cuisine. En revanche, nous continuons à dormir sous tente.

Comment cela se passe-t-il pour les équipes d'urgence ?

Pour elles, la vie n’est vraiment pas simple : le camping, c’est tout le temps ! Elles installent leurs tentes au fin fond de nulle part, où elles font face à la boue, aux moustiques qui les harcèlent et au risque constant d’inondations. Pour faire à manger, c’est au charbon de bois et on utilise de l’eau chlorée pour faire la cuisine et pour boire. Sur place, il y a très peu de marché où acheter à manger, parfois un peu de riz ou des haricots. Mais souvent, il n’y a rien ! Alors, pour le ravitaillement, on compte surtout sur le transport aérien.

Notre équipe d'urgence

Comment fait-on pour travailler dans de bonnes conditions, être efficace auprès des bénéficiaires de nos programmes quand on vit de manière très précaire ?

Pour être tout à fait franche, c’est très dur et extrêmement fatiguant. Quand il pleut, tout est mouillé. Quand il y a du soleil, la chaleur dans la tente est insupportable. On subit régulièrement des coupures de courant nos connexions Internet sont par conséquent très aléatoires. Le manque de place aussi est très problématique. Il n’y a nulle part où mettre les documents de suivi de nos activités. Du coup, on dort avec. Mais ce qu’il y a de plus fatiguant, c’est le fait de travailler en permanence, 12 heures par jour, 7 jours par semaine.

Comment gère-t-on la sécurité, à la fois des biens et des personnes ?

Concernant les personnes, nous faisons systématiquement une évaluation avant de se déplacer. On recueille toutes les informations possibles auprès des acteurs qui sont déjà sur place, auprès d’autres ONG et surtout, on vérifie nos infos auprès des autorités. Pour l’argent nous avons un coffre. Pour le reste, nous avons de gardiens. Le seul vrai souci, c’est pour l’essence. Pendant la saison des pluies, son prix est multiplié par 3. Et comme nous sommes obligés de les stocker à part pour des raisons de sécurité, nous nous sommes déjà fait voler quelques bidons.

 Et puis il y a la nature : la boue et les moustiques…

La boue sud soudanaise, ce n’est plus de la boue, c’est de la glaise. Quand on se fait coincer le pied dedans, on ne peut plus s’en extirper, c’est infernal. Parfois, il vaut mieux mettre des tongs, mais elles ne résistent pas très longtemps... Pour les moustiques, porteurs du paludisme, c’est un terrain de jeu idéal. Certains de nos membres ont été atteints par la maladie. Et un malade, quand on vit dans la promiscuité, ce n’est pas facile à vivre pour les autres. Ce qui nous permet de tenir, c’est que l’on sait pourquoi on travaille et pour qui on le fait.

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