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« Les populations sud-soudanaises sont parmi les plus durement touchées par les conflits »

Alors que le Soudan du Sud subit encore de plein fouet le conflit entre le gouvernement et les forces rebelles, les besoins des populations, qui sont parfois inaccessibles, augmentent chaque jour. Dans ce contexte, les équipes d’employés nationaux sont essentielles pour connaître l’environnement du pays et être acceptées par les populations. Lorsqu’ils sont talentueux et engagés, certains de ces employés nationaux peuvent être expatriés. Le nouveau chef de mission de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans le pays ne le sait que trop bien : Opu Islam était lui-même un employé national au Bangladesh.

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Du Bangladesh au Sud Soudan 

De 2008 à 2011, Opu Islam a travaillé aux côtés de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans différentes bases du Bangladesh. Il a ensuite été expatrié et a travaillé en Afghanistan, en Turquie et finalement au Soudan du Sud. « J’apprécie sincèrement l’approche humanitaire française : se concentrer sur les besoins et sur la qualité des projets, » déclare Opu Islam.

Aujourd’hui chef de mission au Soudan du Sud, il a désormais « d’importantes responsabilités en management, en ce qui concerne l’orientation stratégique de la mission, la représentation de l’ONG, mais surtout en sécurité et coordination, » explique-t-il. C’est la première fois dans l’histoire de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL qu’un employé national devient un chef de mission expatrié. « Vous pouvez considérer mon histoire comme une « success story » mais pour moi, c’est avant tout un nouveau défi, impliquant de nouvelles responsabilités et un nouvel engagement, » ajoute-t-il.

2,7 millions de déplacés avec des besoins criants en eau

Après plusieurs années de guerre civile avec le Soudan, les populations du Soudan du Sud vivent aujourd’hui un nouveau conflit, deux ans seulement après l’indépendance de ce pays, le plus jeune du monde. Ce conflit a provoqué d’importants déplacements de populations, et beaucoup d’entre elles se sont installées dans des campements informels. Le Soudan du Sud comptabilise l’un des plus hauts nombres de déplacés internes et de réfugiés dans le monde : la guerre et la crise ont déplacé plus de 2,7 millions de personnes dans le pays et plus d’un million de personnes ont fui vers les pays voisins.

Ces populations sont rassemblées dans des espaces insalubres, et sont exposées à des conditions de vie très dures et donc à des risques d’épidémies. Elles ont un grand nombre de besoins, principalement en eau, hygiène et assainissement. Il est difficile de trouver de l’eau potable et les campements informels dans lesquels ces personnes vivent ne leur donnent pas accès à des infrastructures d’assainissement. Certaines d’entre elles sont obligées de se rendre très loin de leur lieu d’habitation pour trouver de l’eau potable, ce qui les expose davantage à l’insécurité.

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Une sécurité imprévisible

Opu Islam s’était déjà rendu deux fois au Soudan du Sud et a accepté d’y retourner, cette fois comme chef de mission, en raison de sa bonne connaissance du contexte. « J’ai choisi le Soudan du Sud car je pense que la population de ce pays est l’une de celles qui souffrent le plus d’un conflit, » dit-il. Travailler en tant que chef de mission dans un tel pays induit cependant certains problèmes à prendre en considération. « La sécurité est imprévisible et la logistique des déplacements des employés ainsi que l’acheminement du matériel est parfois compliquée ».

Opu Islam va devoir également composer avec une équipe multiculturelle. « Mes premières expériences en tant qu’expatrié ont développé ma capacité à travailler dans un contexte multidimensionnel. Je pense définitivement que travailler aux côtés d’une équipe multiculturelle est un avantage, car c’est l’opportunité de partager et d’apprendre les uns des autres, » conclut-il

Photos : © Thomas Gruel / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL


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