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Journal de bord : à l'heure des premiers diagnostics


SOLIDARITÉS INTERNATIONAL vous fait vivre ses coulisses des premiers jours de la catastrophe qui a frappé les Philippines le 8 novembre dernier.

Pour faire face aux besoins humanitaires suite au passage du typhon Haiyan, notre équipe d’urgence s'est rendue sur place dès le 11 novembre pour apporter de l'eau potable, des abris et des biens de première nécessité aux familles rescapées.

8 NOVEMBRE

4h40 heure locale, 11h40 en France

Un super typhon de catégorie 5 frappe les côtes philippines. Avec des rafales pouvant atteindre 275 km/heure et des chutes de pluie allant jusqu’à 30 mm/heure, Haiyan est d’après les météorologues le typhon plus puissant jamais enregistré. Dans la journée, il traverse le pays d’est en ouest.

La ville de Tacloban (Leyte), peuplée de 200 000 habitants, est dévastée. Bien que le gouvernement philippin ait évacué préventivement plus de 800 000 personnes des zones menacées, on estime que le nombre de personnes affectées s’élève à entre 11 et 13 millions. Le gouvernement fait appel à l’aide internationale.

17h au siège de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Réunion de crise chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Sandra Lamarque, responsable de notre équipe d’urgence, a convoqué tous les services qui vont se mobiliser pour répondre à la crise. Une dizaine de personnes de tous les départements ont pris place autour de la table.

‘’La décision a été prise par le comité de direction de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL : l’équipe d’urgence se rend sur l’île de Leyte, la plus touchée selon les premières informations. Avec  Andrea, expert en eau, hygiène et assainissement, nous prenons le premier avion, dimanche soir, pour Cebu, deuxième ville du pays, située face à l’île de Leyte. Direction ensuite Tacloban, pour réaliser un diagnostic précis des besoins en vue d’une intervention d’urgence.’’

11 NOVEMBRE

Arrivée de Sandra et d’Andrea à Cebu dans la soirée après deux transits à Dubaï, puis Manille. Le lendemain, ils rencontreront autorités et acteurs humanitaires présents pour récolter toutes les informations disponibles. A Clichy, l’association lance un premier appel à dons sur le web. Un courrier sera également adressé aux donateurs dans la semaine.
Objectif : réunir les fonds nécessaires pour financer les premières étapes cruciales de notre réponse d’urgence permettant de couvrir dans un premier temps les besoins en eau, hygiène et assainissement, ainsi qu’en abris, de 2 500 familles.

« Des centaines de sacs alignés au bord de la route »  

13 NOVEMBRE

Une journée de perdue. Sandra et Andrea ont attendu 5 heures à l’aéroport de Cebu avant d’embarquer dans l’avion qui fera finalement demi-tour avant d’arriver sur Tacloban. Les donateurs quant à eux ont répondu présents pour apporter leur aide aux Philippins. 60 000 € sont pour le moment collectés. La Fondation Véolia Environnement, qui nous avait déjà offert du matériel en contingence, la Fondation EDF et l’agence de l’eau Loire Bretagne se sont également mobilisées en urgence.

14 NOVEMBRE

Enfin arrivée avec Andrea à Tacloban pour débuter immédiatement leur diagnostic, Sandra témoigne.


Le choc intervient dès notre arrivée à l’aéroport, à peine remis en état. Une foule de gens hagards et épuisés attendent entre les bâtiments éventrés et tordus, dans l'espoir d'un éventuel départ... Mais l'aéroport est saturé. Les candidats au départ sont trop nombreux. Malgré la boue noirâtre qui recouvre le moindre cm² du sol et l’odeur extrêmement forte dégagée par les toilettes éventrées et débordantes, des centaines de familles, le regard vide de fatigue, restent là. Certaines depuis plusieurs jours déjà.

aéroport tacloban

Assis à nos côtés dans l’avion, Marlon, ingénieur philippin expatrié à  Mexico, est revenu chercher son épouse restée au pays. Il nous tend vite des masques chirurgicaux sortis de son sac : ‘’La ville est sale, noire. Elle sent mauvais. Les gens ont peur des maladies.’’  Il nous déposera chaleureusement dans le centre-ville quelques heures plus tard. Partout, les gens sont affublés de masques à cause des détritus qui s’amoncellent et de cette odeur nauséabonde qui ne trompe pas : celle de la mort, omniprésente. Partout là aussi, des cadavres dans des sacs noirs sont alignés sur le bord des routes. Nombreux sont trop méconnaissables pour être identifiés. Autant de familles qui ne retrouveront jamais les leurs.

 
Ici, une vague de 6 à 8 mètres a emporté le reste des maisons éventrées sous l’effet des vents déchaînés. Une bonne moitié d’entre elles sont détruites. Reste la boue, les poteaux électriques couchés, les arbres à terre, les voitures retournées, les plaques de tôles comme venues du ciel.

En prévision du cyclone, les gens se sont regroupés dans 32 centres d’évacuation en dure répartis dans la ville. Certains n'ont pas tenu le coup et se sont effondrés sur celles et ceux qu’ils étaient censés  protéger. Depuis, des familles ont tout abandonné pour se réfugier dans la ville d’Ormoc, à quelques heures de route, voire sur l’île de Cebu. Mais la majorité des habitants vivent désormais dans un abri de fortune fait de frêles matériaux de récupération, à côté de ce qui leur reste de leur maison. En zone rurale, à quelques kilomètres de là, le niveau de destruction dépasse les 90 %.  Les maisons en bois et au toit de palmier se sont envolées.

L’équipe logistique arrive quant à elle à Cebu. Alex et son épouse Justine, contactés par un ami d’un des salariés de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, mettent un étage de leur société à notre disposition, ainsi qu’une partie de leur stock. Un gain de temps qui permet à Etienne, coordinateur logistique, d’organiser avec l’appui du siège le transport de notre stock d’urgence depuis Dubaï (plus de 3 tonnes d’unités de traitement et de potabilisation de l’eau). Avec Win Htay, dépêché depuis le Myanmar et Anaïs, de retour de mission du Tchad, l’équipe s’occupe d’acheter de quoi permettre à l’équipe opérationnelle d’agir efficacement (voiture, carburant, instruments d’analyse de l’eau supplémentaires…), de se procurer le matériel nécessaire pour composer les kits de survie & abris qui seront distribués ‘’et surtout de trouver le moyen d’acheminer le tout jusqu’à Tacloban’’.

15 NOVEMBRE

bureau logUne semaine après la catastrophe et malgré une grande mobilisation humanitaire, très peu d’acteurs sont opérationnels sur le terrain du fait de la destruction des infrastructures. Le dernier bilan de la catastrophe fait état de 4 000 morts, 18 000 blessés,  1 500 disparus, 11 millions de personnes affectées. 3 millions de personnes ont été évacuées. 500 000 maisons, 2 000 écoles et 90 % des structures de santé sont endommagées, la moitié complètement détruites.

Depuis Tacloban, Sandra tient à souligner le courage, l’entraide et la solidarité dont les Philippins font preuve :

Aujourd’hui, trois jeunes gens nous ont arrêtés dans la rue... Pour me donner une barre chocolatée. Un don tellement précieux, octroyé de si bonne grâce et sous leurs encouragements : ‘’Prenez de l’énergie pour votre marche !’’ Leur situation est pourtant si critique. Le décor tellement noir. Le malheur comme stagnant à tous les coins de rue. Et malgré tout, tous ces gens que nous rencontrons qui vous sourient quand ils vous croisent… alors que nous n’avons encore rien fait. Je m'attendais à des questions impatientes, voire un peu hostiles. Au contraire, ‘'thanks for helping us'’. C’est si dur. Ces hommes et ces femmes  sont si forts.

  « Les sourires malgré les ténèbres»

Nous sommes dans la phase de diagnostic. Un impératif avant de commencer toute action, dont les effets se révèleraient néfastes si elle n’est pas adaptée et coordonnée avec les autres acteurs humanitaires, les municipalités et les militaires également présents. En zone urbaine, où les gens avaient de l'eau du robinet, le réseau de la ville est endommagé. La station de traitement pour toute la ville fonctionne seulement au tiers de sa capacité. Les tuyaux sont cassés, à cause du cyclone, de la marée, mais aussi parce que les gens n’ont eu d’autres choix que de les arracher à certains endroits pour avoir de l’eau.

Là où le réseau de Tacloban ne va plus, nous allons installer des stations de traitement alimentées par des générateurs, couplées avec des réservoirs souples d’eau chlorée et des rampes de distribution. En zones rurales, notamment dans le district de Tolsa (où sont regroupés 18 villages avec un total de 17 530 habitants), pendant que nous désinfecterons les puits et réhabiliterons les pompes, nous mettrons des mini réseaux en place et organiserons, là où il le faudra, des distributions d’eau par camion et de jerricans.

Nous distribuerons également des kits abris (bâches, cordage et outils), ainsi que des kits hygiène. Nous construirons des toilettes d’urgence sur les fausses sceptiques qu’il nous faudra déblayer. Pour le moment, les gens ont aménagé des endroits où faire leurs besoins. Dans le meilleur des cas, ils partagent leurs toilettes avec leurs voisins. Les effets, qui ne se font pas sentir tout de suite, seront catastrophiques d’ici peu. Les cas de diarrhée se multiplient déjà.

Solidarity IntTruckReste que la nourriture est le besoin immédiat qui fait le plus souffrir la population. Nous allons tout faire pour trouver et distribuer des rations alimentaires au plus vite et au plus grand nombre. Après 4 jours à Tacloban, j’en sais déjà trop sur ce qu’est la faim. Peut-être aussi beaucoup trop sur ce qu’est le courage. Cela a assez duré. C’est à nous de jouer.

18 NOVEMBRE

Le stock d’urgence arrive enfin à Cebu. Il fait partie d’un chargement de 90 tonnes de matériel. Xavier, chef de mission adjoint, est arrivé à Cebu la veille. Il part sur le ferry du soir pour Tacloban pour prêter main-forte à Sandra et à Andrea. Le stock d’urgence arrivera le lendemain. Nous pourrons alors commencer ce pourquoi nous sommes venus : apporter une assistance humanitaire dont les gens, à bout de force, ont plus que jamais besoin.


 
 

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