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Mohammad : « Ici, je perds toute mon éducation »

Au Myanmar les Rohingyas sont toujours dans une situation difficile et dans l’impossibilité de quitter l’Etat du Rakhine où ils survivent dans des camps comme celui de Dar Paing Village, où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient depuis 2010. Mohammad, musulman du Rakhine, qui travaille pour notre organisation, s’est confié sur sa situation, ses rêves brisés et ses attentes.

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© Vincent Trémeau

Mohammad* a 24 ans. Il mesure 1 mètre 60, il a une stature frêle et le regard profond. Avant les conflits qui ont frappé son pays, il habitait Sittwe. Il a dû en partir, obligé de fuir avec sa famille. Cela fait désormais trois ans qu’il habite Dar Paing Village. Il travaille aujourd'hui chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. A force d’initiative et de motivation, il a grimpé les échelons. « C’est très intéressant, ça me permet d’être en contact avec  les autres équipes, d’échanger nos expériences. Et c’est une grande fierté d’avoir pu évoluer dans mon poste. »

« On m’a interdit de m’inscrire à l’université »

« J’ai toujours été bon élève et j’ai travaillé dur pour obtenir mon diplôme. J’ai même reçu 3 distinctions », explique Mohammad qui a « toujours voulu être médecin ».  Malheureusement son rêve a été rapidement brisé quand on lui a interdit de s’inscrire à l’université en raison de son origine et de sa croyance. « Je me suis donc inscrit en cours d’anglais. J’étais très studieux, je participais beaucoup au cours. J’étais très actif. Trop. On m’a exclu du cours ». Malgré tous les obstacles, et grâce à une volonté de fer, Mohamad  ne perd pas espoir et se réinscrit l’année suivante. « J’ai de nouveau été exclu à 5 reprises. J’ai tenu bon. A chaque reprise je suis donc revenu demander au professeur de me réintégrer. Je parlais plusieurs heures avec lui, le suppliant afin de pouvoir assister au cours. Il a fini par céder. Je me suis fait le plus discret possible, je n’ai plus posé de questions, j’ai  juste emmagasiné toutes les connaissances possibles. J’étais le seul élève Rohingya sur 200. »

« Je suis en prison »

Aujourd’hui employé chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, Mohammad fait ce qu’il peut pour aider sa famille dont il est le seul à ramener un peu d’argent. S’il est heureux d’avoir un travail, il ne rêve pourtant que d’étudier, apprendre, connaitre, savoir. « Je suis en prison à Dar Paing Village. Mais le plus dur c’est que ni moi ni ma sœur ne pouvons étudier. On perd toute notre éducation ici. J’ai essayé de m’inscrire à des cours d’anglais, refusé. J’ai écrit à Yangon, refusé ». Là encore, tenace et malgré les obstacles, Mohammad ne perd pas espoir. « J’étudie par moi-même. Je fais le maximum. Je me dis que si un jour je suis libre, cela ne sera pas vain et que je pourrais intégrer une bonne université ou avoir un bon travail. Je ne sais pas ce qu’il va se passer dans les prochains mois, les prochaines années, mais je veux mettre toutes les chances de mon côté. »

« Peut-être que je vais rejoindre mon frère en Chine »

Mohammad semble combler l’enfermement par la culture et le savoir. La prison à ciel ouvert n’aura pas raison de son éducation. Malgré tout il espère pouvoir partir d’ici. « Mais si tu n’as pas de passeport et que le police t’arrête, tu vas en prison directement ! Et un passeport ici coûte 200 000 kyats (136 €) », explique-t-il à voix basse, pour ne pas attirer l’attention. Son frère a réussi à partir. Il est en Chine aujourd’hui. « Mon frère est sorti du pays avant le conflit. Il a pris tous les transports possibles et imaginables pour atteindre Yangon. Idem jusqu’en Chine. Mais il n’a pas de papier et a donc du mal à trouver du travail. » Peut-être le rejoindra-t-il un jour. « En attendant, je continue à étudier à apprendre tout ce que je peux. »

* Son nom a été modifié pour assurer sa confidentialité

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