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Kachin, trois ans plus tard

Il y a trois ans dans l’Etat du Kachin, au Myanmar, la reprise des combats entre l’armée du Myanmar et l’Armée Indépendante du Kachin (KIA) a rompu un cessez-le-feu de 17 ans.

Kachin 1Depuis juin 2011, le conflit a provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes, qui ont trouvé refuge dans des camps de déplacés internes et au sein de la communauté d’accueil des deux côtés de la zone de combat. Les besoins humanitaires liés à ce déplacement de population sont critiques et concernent principalement les abris, l’eau, la nourriture et les soins médicaux.

Parmi les nombreux acteurs humanitaires nationaux et internationaux qui interviennent au Kachin et dans le Nord du Shan pour répondre à ces besoins, Solidarités International conduit, depuis le début de l’année 2012, un programme d’intervention rapide d’urgence ainsi qu’un programme intégré d’approvisionnement en eau, hygiène et assainissement pour améliorer l’accès des personnes déplacées à l’eau potable, aux infrastructures sanitaires et pour développer une meilleure connaissance des pratiques d’hygiène.

Malgré une série de négociations de paix, qui se sont intensifiées ces derniers mois, entre le gouvernement, l’armée du Myanmar et l’Organisation Indépendante du Kachin (KIO), les combats continuent et la situation reste instable. Près de trois ans après le conflit initial, deux vagues supplémentaires de violence ont eu lieu dans le sud du Kachin : la première en novembre 2013 à Nam Lin Pa (sud-ouest de la municipalité de Mansi) et la deuxième en avril 2014 à Man Win Gyi (sud-est de la municipalité de Mansi).

Suite à la recrudescence des tensions, Solidarités International a été en mesure de mettre en place, en parallèle de ses programmes actuels et en partenariat avec les ONG locales et internationales, une intervention d’urgence en eau et assainissement qui concerne environ 3 500 personnes récemment déplacées, qu’ils viennent de leur villages d’origine, de précédents camps de déplacés ou de la communauté d’accueil.

Trois ans plus tard, la situation humanitaire est toujours aussi critique : 96 000 personnes sont actuellement déplacées et vivent dans plus de 160 sites différents, dont parmi des communautés d’accueil. 

kachin 3Deux tiers des personnes déplacées au Kachin et dans le nord du Shan vivent dans des camps situés dans des zones éloignées et isolées, placées hors le contrôle du gouvernement, ce qui rend difficile l’acheminement de l’aide humanitaire et soulève des inquiétudes quant à la protection des civils qui résident dans les zones où les tensions sont élevées. Les capacités des organisations humanitaires locales sont poussées au-delà de leurs limites, tandis que les agences des Nations Unies et les autres organisations internationales font face aux restrictions du gouvernement sur l’accès aux personnes déplacées dans les zones qui ne sont pas sous le contrôle du gouvernement.  Les organisations humanitaires sont préoccupées par l’augmentation de l’insécurité mais restent déterminées à répondre aux besoins urgents des milliers de personnes déplacées au cours des dernières semaines. 

Que ce soit dans les zones gouvernementales ou non gouvernementales, Solidarités International a privilégié une approche préventive, plutôt qu’une réponse directe aux épidémies. Cependant, le manque d’acteurs médicaux dans la zone reste un problème important, ce qui provoque une absence de données fiables sur la situation globale. 
Malgré les efforts en cours pour atteindre toutes les zones et couvrir les besoins des populations déplacées, des inquiétudes demeurent sur le niveau bien inférieur de services fournis dans les zones non-gouvernementales, à cause de la difficulté d’accès.

La récente visite de l’équipe de Solidarités International dans les zones non-gouvernementales a souligné le décalage en termes des réponses mises en place : dans un camp (Woi Chyai) par exemple, le nombre de latrines par personne se situe au ratio préoccupant de 1 pour 90 personnes.

"Le soutien apporté par les agences humanitaires a permis à l’aide d’atteindre des milliers de personnes, certains d’entre elles ayant été déplacées pour la deuxième ou troisième fois, a indiqué Florent Turc, Coordinateur Terrain pour Solidarités International au Kachin. Avec l’approche de la saison des pluies, les risques d’inondations et d’épidémie liées à l’eau vont augmenter, donc l’eau, l’assainissement et l’hygiène seront de plus en plus une priorité pour les interventions humanitaires des prochaines semaines. La détérioration des conditions de sécurité entrave déjà l’accès aux zones affectées et le mauvais état des routes pendant la saison des pluies rendra l’accès encore plus difficile à partir de maintenant."

Steve Sandford IRINTrois ans après, les personnes déplacées étant prises dans cette violence cyclique, l’espoir de retourner dans leurs villages diminue. Etant donné que le déplacement est en train de s’inscrire dans la durée, l’accès à des moyens d’existence devient de plus en plus important pour les populations déplacées afin de restaurer un sentiment d’estime de soi et une certaine autosubsistance. Comme elles vivent dans des camps, les populations déplacées n’ont accès à aucun revenu et dépendent principalement de l’aide extérieure, comme par exemple les distributions de nourriture. Le manque de transport et le peu de connaissance de la langue birmane les empêchent de chercher du travail ou de monter un commerce. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont confinés dans le camp et se concentrent sur les besoins de la vie quotidienne. En outre, le manque d’accès à la terre empêche les personnes déplacées de prendre l’initiative de cultiver dans les camps.

En se basant sur ces besoins prioritaires, tels qu’exprimés par les populations déplacées, Solidarités International a lancé un projet de sécurité alimentaire et de soutien aux moyens d’existence à Bhamo et dans la municipalité de Momauk. Après une évaluation initiale des niveaux de richesse et de vulnérabilité effectuée par l’équipe de Solidarités International, les personnes déplacées vont participer au développement de jardins familiaux et de sacs potagers, et démarrer des activités génératrices de revenus au sein des camps. En plus d’augmenter la consommation de légumes, les activités de culture de légumes devraient aussi générer quelques économies pour les personnes déplacées et améliorer leur capacité à acheter d’autres aliments essentiels ainsi que des articles ménagers.

Pendant que les organisations humanitaires poursuivent le renforcement de leurs opérations pour répondre aux besoins croissants de la population du Kachin et plaident pour l’amélioration de l’accès à toutes les populations déplacées, l’espoir que ces trois ans de guerre se terminent bientôt est toujours là.
 

Trois ans après, les personnes déplacées étant prises dans cette violence cyclique, l’espoir de retourner dans leurs villages diminue. Etant donné que le déplacement est en train de s’inscrire dans la durée, l’accès à des moyens d’existence devient de plus en plus important pour les populations déplacées afin de restaurer un sentiment d’estime de soi et une certaine autosubsistance. Comme elles vivent dans des camps, les populations déplacées n’ont accès à aucun revenu et dépendent principalement de l’aide extérieure, comme par exemple les distributions de nourriture. Le manque de transport et le peu de connaissance de la langue birmane les empêchent de chercher du travail ou de monter un commerce. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont confinés dans le camp et se concentrent sur les besoins de la vie quotidienne. En outre, le manque d’accès à la terre empêche les personnes déplacées de prendre l’initiative de cultiver dans les camps.

 

En se basant sur ces besoins prioritaires, tels qu’exprimés par les populations déplacées, Solidarités International a lancé un projet de sécurité alimentaire et de soutien aux moyens d’existence à Bhamo et dans la municipalité de Momauk. Après une évaluation initiale des niveaux de richesse et de vulnérabilité effectuée par l’équipe de Solidarités International, les personnes déplacées vont participer au développement de jardins familiaux et de sacs potagers, et démarrer des activités génératrices de revenus au sein des camps. En plus d’augmenter la consommation de légumes, les activités de culture de légumes devraient aussi générer quelques économies pour les personnes déplacées et améliorer leur capacité à acheter d’autres aliments essentiels ainsi que des articles ménagers.

 

Pendant que les organisations humanitaires poursuivent le renforcement de leurs opérations pour répondre aux besoins croissants de la population du Kachin et plaident pour l’amélioration de l’accès à toutes les populations déplacées, l’espoir que ces trois ans de guerre se terminent bientôt est toujours là.

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