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J'ai compris

Rencontre avec Kaltoum, Réfugiée Malienne

Photographie du camp de Mberra

Témoignage de notre chef de mission sur place

"À quelques kilomètres de la frontière malienne et à plus de 1 200 kilomètres de la capitale Nouakchott, mon premier mot de Tamashek a été « toufitt ». Et ça ne signifie ni bonjour, ni merci…"
"Je prenais une pause pendant le montage du réservoir d’eau de 6m3 que SOLIDARITES INTERNATIONAL installait dans le camp de Mberra en partenariat avec UNICEF, quand j’ai croisé son regard. Dans un français très approximatif, elle m’a demandé si j’étais médecin. Je lui ai dit non, mais elle était insistante et a réussi à me faire comprendre qu’elle voulait me montrer quelque chose. Je l’ai suivie quelques mètres vers une tente fraichement installée par le HCR, et dans la lourde chaleur de la tente harcelé par un soleil sans merci, j’aperçois un petit être fragile couché sur un bout de tissu jaune. Sa mère le prend dans ses bras et me dit en balançant son regard entre lui et moi : « Toufitt, toufitt »… Je ne comprenais pas, mais voyant un homme passer tout près je lui demande en arabe ce que voulait dire « toufitt ». « diarrhée, c’est la diarrhée…, me répond-il. »"
"L’enfant, comme plus de 70% des moins de 5 ans du camp de Fassala, souffre de diarrhée… L’eau consommée par les réfugiés est contaminée, leurs bidons sont pollués et les quantités d’eau qu’ils peuvent acheter avec leurs maigres moyens ne leur permettent pas d’avoir des conditions hygiéniques acceptables. Avec ce traducteur volontaire, je vais lui expliquer qu’il faut qu’elle aille voir la clinique de fortune dressée à quelques centaines de mètres de là à l’entrée du camp. La clinique qui manque de médecins et de médicaments. Je repars vers le chantier de montage du réservoir… Il faut avancer vite. Le camionnage d’eau est aujourd’hui nécessaire pour sauver des vies, pourvu que le réservoir soit prêt et que le camion-citerne arrive demain de Nouakchott pour que SOLIDARITES INTERNATIONAL puisse offrir un minimum d’eau propre à une population de réfugiés en extrême détresse."
"Le réservoir fini, nous nous dirigeons vers la tente avec le traducteur touareg. La femme est là, avec son enfant. A la clinique, ils n’ont pas de médicaments. Ils lui ont dit d’attendre quelques jours le temps que des médicaments arrivent… On se sent d’une impuissance infinie face à cette situation… Une situation qui concerne des milliers de personnes dans les camps de Fassala et de Mberra en Mauritanie… Et je ne peux que lui dire une chose : Demain, Inshallah, SOLIDARITES INTERNATIONAL t’amènera de l’eau propre.
Elle me sourit d’un air désabusé et me demande « et la nourriture ? Et les bidons ? Et les couvertures ? On n’a rien ici ! » Je m’assois à côté d’elle et tente de lui expliquer qu’on attend une décision d’un bailleur de fonds. D’ici là, on fait tout notre possible pour agir au plus vite… En parlant, je réalise à quel point mes arguments sont ridicules face aux besoins, face à la détresse, face au dénuement… Je m’arrête et lui avoue ne pas avoir d’excuse. Et la jeune femme de me raconter son histoire :"
"Kaltoum a 31 ans. Elle est originaire du village de Dari, dans la zone de Niafunké, à environ 250 Km au Sud-Ouest de Tombouctou. Après avoir entendu parler des incidents survenus dans plusieurs zones du Mali, et notamment à Bamako et à Tombouctou, elle avait peur de ce qui pourrait lui arriver à elle et sa famille… Le traumatisme des évènements du début des années 90, quand elle était encore petite fille, est encore gravé dans sa mémoire. Elle se rappelle, comme d’un cauchemar, de la fuite de sa famille vers la Mauritanie en 1991… C’est ce souvenir incandescent qui l’a poussé à fuir aujourd’hui… Elle ne pouvait pas attendre. Elle ne pouvait pas prendre le risque de la violence, surtout pour ses enfants."
"Alors Kaltoum a décidé de partir, avec ses 5 enfants. Partir trouver refuge, encore une fois, en passant la frontière avec la Mauritanie… Ella a appris qu’il y a des transports organisés depuis la zone pour fuir, mais son mari n’a pas réussi à en trouver. Le 2 février au soir, elle a quitté sa maison. Pendant une nuit et une journée entière, Kaltoum a marché, marché… marché sur 40 kilomètres avec ses enfants et un groupe de femmes, accompagnées elles aussi de leurs enfants. Les hommes sont partis vers le Nord pour sécuriser leur bétail, leur seul bien. Au bout de ce calvaire, le groupe a trouvé des véhicules qui transportent d’autres personnes fuyant elles aussi. Elles ont pu s’entasser dans une camionnette déjà remplie… et filer vers la frontière, vers une sécurité espérée. La voilà quelques jours après, débarquant à Fassala avec sa petite famille, complètement démunie. Un calvaire commence, en attendant… En attendant l’aide humanitaire."

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