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Profession : chlorateurs en Haïti

Après l’ouragan Matthew qui a balayé Haïti début octobre, fait plus de 500 morts, 400 blessés et 175 000 sans-abris, la région des Nippes manque d’eau potable et la crainte d’une épidémie de choléra est particulièrement  forte. Dans cette zone au sud du pays, ce sont les équipes de Solidarités International qui sont en charge de la surveillance et du cordon sanitaire. Parmi elles, Philippe Pierre et Yves-Méry.

 

Dans la région des Nippes, l’heure est à la lutte contre le choléra. Dix jours après le passage de l’ouragan Matthew, de nombreux cas suspects ont été déclarés et plusieurs équipes de chlorateurs ont été mobilisées en urgence. "Notre travail consiste à chlorer les maisons des patients qui ont été déclarés comme malades et dont on suspecte qu’ils sont atteints du choléra. Nous assainissons aussi les maisons alentours afin que la maladie ne les atteignent pas", détail Philippe Pierre, 29 ans, binôme d’Yves-Méry, 31 ans qui à eux deux forment une équipe de chlorateurs."Mais nous ne sommes pas seulement cantonnés à cette activité, précise Yves-Méry. Nous installons des points de chloration au niveau des sources d’approvisionnement en eau, nous intervenons dans les communes, les églises, les écoles et les centres de santé pour sensibiliser la populations aux risques liés au choléra et nous distribuons aussi des kits choléra".

Matthew Haiti chlorateurs grand
Philippe Pierre et Yves-Méry, chlorateurs pour Solidarités International en Haïti

"Notre travail est primordial"

Depuis le passage du cyclone Matthew, le travail est particulièrement harassant. Tous les jours, ils sont sur le terrain. Tous les jours, ils voient combien les gens attendent de l’aide, combien ils ont besoin de soutien. "Notre travail est primordial", insiste humblement Yves-Méry. Une phrase qui n’est pas anodine dans la bouche de celle dont les parents ont tout perdu pendant l’ouragan. ‘’Originaires des Cayes, ils n'ont plus de maison. Ils ne travaillaient pas avant le passage du cyclone. Leur seul moyen de subsistance, c’était le petit jardin. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Ils logent chez une voisine qui les aide. Mais pour combien de temps ?" Philippe Pierre, originaire de Petit Goave, a quant à lui perdu un de ses cousins, écrasé par un arbre arraché pendant la tempête. "Dans la ville, les dégâts ne sont rien comparés aux villages alentours où il ne reste rien".

Entre études et chloration

Si Yves-Méry ne travaille que depuis 6 mois pour Solidarités International, Philippe Pierre, lui, avait déjà collaboré avec l’organisation quelques mois après le séisme de 2010. "A l’époque, j’avais travaillé plusieurs mois, déjà comme sensibilisateur. Mais à Port-au-Prince, quand les cas de choléra explosaient tous les jours. Quand j’ai su que Solidarités International recrutait à nouveau, je me suis présenté. A la base, je suis étudiant, en 4e année de génie civil, mais j’ai suivi plusieurs formations pour devenir chlorateur et ainsi gagner de quoi payer mes études’’, indique Philippe Pierre. Yves-Méry, elle, est infirmière de formation. "Il n’y a pas beaucoup de travail en Haïti et finalement, chlorateur, c’est un poste dans la lignée de mes études. Je travaille pour la santé".

Dans les semaines à venir cette équipe de chlorateurs s’attend à devoir travailler dur. Depuis le passage de Matthew, plusieurs dizaines de cas de choléra ont été déclarés et cela pourrait grimper encore dans les prochains mois.

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