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Cameroun : loin de chez eux, des Centrafricains manquent de tout

Depuis 2 ans, des milliers de réfugiés centrafricains viennent en masse de l’autre côté de la frontière camerounaise pour s’éloigner des exactions des groupes armés. Ayant fait l’objet de violences ou ayant perdu leurs sources de revenus, ils ont quitté leur terre natale pour être accueillis dans le petit village de Gado et dans le grand site de réfugiés qui le côtoie, où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL répond aux besoins de ces populations qui ont besoin de manger, de boire, de s’abriter, avec le soutien du Service d'aide humanitaire de la Commission européenne. Témoignages sur place.


Oumarou Oumarou Emmanuel chef du village de Gado au Cameroun © Pauline Grand d'Esnon / NEON / PrismaA une demi-heure de route de la frontière, passage obligatoire avant d’entrer dans le camp de Gado, le complexe du chef de village ressemble à un corps de ferme au bord de la route nationale qui relie Douala, l’un des ports principaux d’Afrique de l’Ouest, à la frontière centrafricaine et qui mène jusqu’au Tchad.

Affublé de son uniforme et de sa casquette bleus élimés et installé dans un trône de bois sur la terrasse de sa maison, « Sa Majesté » Oumarou Oumarou Emmanuel est le chef de Gado depuis 20 ans. Aujourd’hui octogénaire, il a pris la suite de son père avec pour objectifs de « rajeunir la direction du village et garder le contact avec le monde extérieur », car son père, lui, « ne parlait pas français ». Oumarou Oumarou Emmanuel a vu depuis dix ans des Centrafricains venir dans son village près de la frontière. « Il est de notre devoir d’accueillir ces personnes. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver ; nous aimerions être accueillis si nous devions fuir un jour nous aussi. »

Derrière les grands discours, ces réfugiés, venus par milliers, ont eu un impact considérable sur la vie des villageois camerounais de Gado. « Au-delà de la surpopulation, il y a eu une pénurie de nourriture dans le village à l’arrivée des réfugiés, nous raconte Kombo, un agriculteur du village. Nous supportons à présent la cohabitation, mais c’est surtout parce qu’il n’y a pas eu d’incidents majeurs. Les Centrafricains ne connaissent pas nos lois ni nos coutumes ici, mais ça s’améliore un peu. Avec les anciens réfugiés, qui sont ici depuis dix ans, cela se passe très bien. Ils ont monté leurs propres hameaux en bordure du village, mais les nouveaux sont arrivés en masse, sans rien, et ils ont eu un grand impact sur nos vies. »

Les abris de fortune du camp de réfugiés centrafricains de Gado au Cameroun

Photo 1 : Oumarou Oumarou Emmanuel chef du village de Gado au Cameroun © Pauline Grand d'Esnon pour NEON
Photo 2 : © SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

 

Lire la suite de notre reportage en trois volets auprès des réfugiés centrafricains au Cameroun :

Chapitre 1 : S'engager pour ne pas devenir fou

Chapitre 2 : Lutter contre les carences alimentaires

Chapitre 3 : S’abriter contre les maladies et les vols

 

JEFAISUNDONBLEU

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