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Crise des migrants : victimes d'une guerre pas "tendance"

Depuis quelques années, la communauté internationale essaie de trouver une solution au flux croissant de migrants en provenance de Syrie et d’autres pays en crise. La Grèce est l’un des pays européens les plus concernés de par sa localisation stratégique aux portes de l’Europe. Le pays s’efforce de gérer ces flux. Mais avec peu de personnel humanitaire expérimenté, le pays a de plus en plus de difficultés à préserver la dignité des migrants. Lisa Daoud revient tout juste d’un camp de réfugiés en Grèce.

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Un faux décor de carte postale

On sent autour de nous une forte odeur de pins, et on peut apercevoir les eaux bleues de la Mer Méditerranée qui s’étendent à perte de vue. Mais ce n’est pas le moment d’aller à la plage. Dans l’un des camps de fortune présents dans toute la Grèce pour répondre à la crise, le menu du jour se compose d’une simple omelette et le programme de la journée est de faire la queue pour recevoir du papier toilette, et peut-être un peu de shampoing.

Des fonctionnaires grecs en nombre insuffisant

"Pas de shampoing aujourd’hui,” annonce le manager du camp, un fonctionnaire grec qui a la lourde tâche de gérer, seul, tout ce qui se passe sur ce camp. Certaines jeunes filles expliquent qu’elles n’ont pas pu se laver les cheveux depuis des semaines. J’entends ensuite le téléphone du manager sonner, pour la énième fois aujourd’hui. « Pardon ? Vous voulez distribuer des Tupperware ? » … « OK, l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) veut venir aujourd’hui ? C’est noté », etc. ONG, organisations internationales, personnes privées… Tous ont ardemment essayé d’aider les migrants. Certains d’entre eux attendent d’obtenir des autorisations, d’autres font encore des évaluations de besoins par secteur, d’autres ont déjà acheté des produits à distribuer.

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Un manque d’organisation, une frustration qui augmente

L’entrepôt est un vrai bazar : piles de vêtements d’été ou d’hiver, produits d’hygiène, nourriture périssable et non périssable recouvrent le sol. Avant de désigner un manager, ce camp était géré par des militaires, ainsi que quelques volontaires grecs et internationaux. Malgré toute leur bonne volonté, aucune de ces personnes n’a été capable d’organiser des distributions « propres » et correctes. On me raconte qu’à chaque fois qu’un camion arrive, deux personnes sont désignées comme des « représentants » de leur communauté, et sont chargées de décharger ce qu’elles peuvent et de les distribuer. Certains résidents du camp ne comprennent pas pourquoi, alors que tant de camions arrivent, rien n’en sort.

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Victimes d’une guerre pas « tendance »

La majorité d’entre eux ne savent pas qu’aucun pays de l’Union Européenne n’accepte les Afghans. Ils seront informés dans quelques semaines qu’ils vont devoir retourner en Afghanistan avec une petite somme d’argent, ou alors demander l’asile en Grèce. Fin du voyage. Vous n’êtes pas les victimes d’une guerre assez « tendance ». L’Occident semble avoir oublié que l’Afghanistan a connu la plus grosse vague de réfugiés depuis la Seconde Guerre Mondiale.

L’odeur des pins est encore plus forte la nuit tombée, et l’air se rafraichit. Deux filles s’approchent de moi. Elles sont intriguées par mes cheveux, et mon livre. Je leur explique qu’il est en français. Mais elles ont reconnu le mot « Afghanistan » écrit dans le titre. Mon Dari est trop insuffisant pour leur expliquer que ce livre raconte l’histoire d’un pays retenu en otage par les grandes puissances, et manipulé pendant des années. J’ai un goût amer dans la bouche, j’ai lu et je sais d’où elles viennent. Je sais qu’elles ont encore un long chemin à parcourir sur la route de l’hypocrisie, pour obtenir un toit, de la nourriture, et une éducation.

Le retour à la dignité est une priorité

J’aimerais qu’il soit possible de distribuer de la dignité. Mais même si c’est le cas, il faut instaurer un système, un semblant d’organisation. Le pays a besoin d’une équipe capable de manager ce camp, de comprendre les structures de pouvoir qui y règnent, de distribuer de manière juste les produits nécessaires à la vie quotidienne, de s’occuper des menaces d’abus et d’exploitation, de partager les informations clés. Même si les acteurs nécessaires sont là, seuls des Tupperware et des sandales semblent aujourd’hui arriver sur le camp.

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