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Balkans : auprès des naufragés de l’exil

La fermeture des frontières européenne aux réfugiés a laissé ceux-ci échoués, sur des sites improvisés, en Grèce et en Macédoine. Pierre Brunet, vice-président de SOLIDARITES INTERNATIONAL et écrivain, a rejoint notre équipe sur place. Témoignage.

 

Dans le hall d’arrivée de l’ancien aéroport d’Athènes, sur le site d’Helliniko, le panneau affiche encore les horaires de vols oubliés. Devant, les cartons de fournitures humanitaires sont entassés. Le hall qui a vu passer les touristes sert de stock pour les distributions à près de 4 000 réfugiés installés sur place : vêtements, chaussures, produits pour bébés… Ici, les familles sont venues d’Afghanistan, où l’avancée des Talebans, et la « saison de la guerre » qui, chaque année dès le printemps, fait de plus en plus de victimes civiles, ne leur laissent aucun espoir.

Balkans Helliniko 1

Des réfugiés dépendants de l’aide humanitaire, mais désireux de s’investir

Au premier étage du bâtiment, là où les tentes s’alignent dans une promiscuité oppressante, nous rencontrons Nasser, qui a fui Herat dans l’ouest de ce pays, avec sa femme, sa fille de 12 ans et son fils de 9 ans. Nasser était négociant en carburant. Il fournissait les forces internationales. Les Talebans l’ont menacé de mort. Il a dû partir avec les siens. Sur le site voisin de l’ancien stade de Hockey des jeux olympiques de 2004, Sanam, une jeune Afghane qui parle un anglais remarquable, se propose comme interprète. SOLIDARITES INTERNATIONAL, qui va intervenir sur place en participant à la coordination de la couverture des besoins, et en réalisant des réparations, l’a aidée en lui fournissant cahiers et crayons pour organiser des cours d’anglais. Les réfugiés dépendent de l’aide humanitaire, mais sont désireux de s’investir, de reprendre en main leur vie. Chaque jour, un groupe d’entre eux aide aux distributions de nourriture, auxquelles nous nous joignons. Les réfugiés nous présentent les papiers d’enregistrement établis par les autorités grecques à leur arrivée. Ce sont parfois les seuls qu’il leur reste. Sur la route de l’exil, il arrive que passeurs et policiers confisquent ou détruisent les pièces d’identité des migrants.

Balkans Helliniko 2

Avant de quitter le site Helliniko, nous croisons Ghulam, venu d’Afghanistan avec sa femme et son enfant. Ghulam était conducteur d’engins de chantier. Il a travaillé en Inde, à Dubaï.  Il voulait offrir aux siens une autre vie que la guerre. A Idomeni, au nord de la Grèce, quand ils ont voulu entrer en Macédoine, la police macédonienne les a refoulés à coups de crosse si violemment qu’on a dû opérer Ghulam d’une hémorragie interne. Maintenant il a une longue cicatrice à l’abdomen. Il dessine sur les murs d’un ancien vestiaire des réfugiés en larmes, et nous montre sa version du logo de l’UNHCR (Agence des Nations-Unies pour les réfugiés), dans laquelle les deux mains ne protègent plus, mais repoussent les réfugiés.

Balkans Helliniko 3

Syriens, Irakiens, Afghans…Les naufragés d’Idomeni

Le lendemain nous montons à la frontière nord, celle qui, à Idomeni justement, mène en Macédoine. Là, sur la terre nue, au milieu des rails de la voie ferrée, devant la barrière de barbelés gardée par la police, près de dix-mille réfugiés sont échoués, abrités sous des tentes ou dans l’ancienne gare. Venus de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, d’ailleurs… Fuyant la guerre qui a détruit leurs maisons, écrasé les écoles de leurs enfants, ils ont écouté les appels de bienvenue de l’Europe. Puis les frontières, alors qu’ils étaient arrivés en Grèce après un périple dangereux, se sont fermées pour eux. Alors les réfugiés d’Idomeni attendent que le passage s’ouvre. Sous une tente, Yassin, un fermier de Deir Ez-Zor en Syrie, nous offre le café. Près de lui, Najar, une vielle dame asthmatique, tient le bébé de six mois de sa belle-fille, avec laquelle elle a fui elle-aussi Deir Ez-Zor quand Daech a pris la ville. Ils attendent depuis deux mois. Le mari de Najar, qui a perdu ses yeux dans un bombardement, est déjà en Allemagne avec leur fils. Ils ont vendu tous leurs biens pour payer les passeurs.

Balkans Idomeni 4

Les réfugiés d’Idomeni survivent sur place, hier dans la boue des champs détrempés, aujourd’hui sous le soleil qui écrase les tentes sur la terre sèche. Cet été, il fera près de quarante degrés à Idoméni. Comment rester digne, quand, dans la chaleur et à-côté de ruisseaux d’eau stagnante et insalubre, on n’a pas de quoi nettoyer un nouveau-né, transporter de l’eau potable, laver son linge, désinfecter ses mains, se débarrasser des poux ? SOLIDARITES INTERNATIONAL a effectué, avec son équipe et l’aide de volontaires sélectionnés, une distribution d’urgence de « kits dignité » à deux-cent familles démunies. Chaque kit familial comprend un jerrican, une bassine plastique, un pot de un litre, des lingettes pour bébé et mains, du gel hydro-alcoolique, du shampoing anti-poux, un coupe-ongle. Mais il faut en distribuer bien plus.

Balkans Idomnie 5

Tabanovce, la fin du voyage mais pas le bout du tunnel

Nous gagnons enfin le camp de Tabanovce au nord de la Macédoine, à la frontière avec la Serbie. Ici, le temps s’est arrêté, pour les six-cent réfugiés abrités dans des containers de chantier ou des tentes collectives. Cette frontière-là aussi est fermée. Iman, une institutrice syrienne qui a fui Deir Ez-Zor avec six de ses enfants quand Daech est arrivé, n’a plus d’argent pour payer un passeur. Elle a dû payer 150 dollars par tête pour le passage en bateau, avec ses enfants, entre la Turquie et la Grèce. Depuis deux mois, elle reste ici dans l’espoir de rejoindre l’Allemagne où son mari et l’un de leurs enfants sont déjà arrivés. Iman attend maintenant « l’aide de Dieu ». SOLIDARITES INTERNATIONAL intervient dans le camp de Tabanovce  en installant de nouvelles douches, et en distribuant des kits d’hygiène, des biscuits et des fruits frais afin de compléter les rations distribuées.

Balkans Tabanovce 6

En quittant l’équipe de SOLIDARITES INTERNATIONAL qui se bat pour répondre aux besoins des réfugiés en Grèce et en Macédoine, je sais l’importance qu’a aux yeux de ceux-ci cette action. Elle leur permet de conserver espoir et dignité, et de prendre soin de leurs enfants, le seul trésor qui reste à ceux qui ont dû tout laisser.

Photos : ©Anaïd de Dieuleveult / Hans Lucas pour Solidarités International

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