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‘’Bien des Etats souffrent plus d’un manque criant d’investissement dans le domaine de l’eau que d’une pénurie physique’’

Il y a maintenant 25 ans, l’hydrologue suédoise M. Falkenmark présentait l’indice de pénurie en eau, fondé sur un calcul simple - la division de la ressource en eau disponible par le nombre d’habitants, qui permet de déterminer les Etats où le risque de pénurie est le plus important. Ainsi, si au niveau mondial, quelques États disposent de ressources extrêmement abondantes comme le Brésil (45 000 m3/hab/an), la Russie (30 000) et le Canada (90 000) - le record étant détenu par l’Islande, avec plus de 500 000 m3/hab/an-, d’autres, à l’inverse, ont des ressources quasi-nulles. C’est le cas du Koweit (7) et plus largement des tous les États qui bordent la rive sud du golfe Persique, de certaines îles comme Malte ou Singapour avec respectivement 89 et 137 m3/hab/an.
 

II n’existe aucun lien entre le niveau de développement et la disponibilité en eau

Au niveau régional, une ceinture de la ‘’pénurie’’ se dessine du Maroc à l’Arabie saoudite, le long de la rive sud de la Méditerranée, avec une extension sur la corne de l’Afrique, qui descend le long de la façade orientale du continent jusqu’en Afrique du Sud.

En revanche, les Amériques apparaissent comme relativement bien dotées, tout comme les États qui bordent le golfe de Guinée. En Europe, la situation est contrastée entre des États richement dotés (Norvège - 83 000) et d’autres où la situation est plus difficile (Danemark -1 114, République Tchèque - 1 187, Pologne - 1 600).

Certaines situations peuvent paraître paradoxales. Elles s’expliquent souvent par la maille spatiale. Ainsi la Namibie, largement désertique, a une disponibilité élevée (8 800) grâce à l’importance des fleuves frontaliers que sont l’Orange, la Cunene et l’Okavango, qui coulent respectivement sur ses frontières sud, nord et est. De son côté, l’Australie présente officiellement des ressources abondantes (24 000 m3/hab/an), mais celles-ci sont concentrées essentiellement dans l’extrême nord et la frange orientale de l’île-continent.

Enfin, comme on le voit, il n’y a aucun lien entre le niveau de développement et la disponibilité en eau. On trouve des pays développés et des pays pauvres dans les situations potentielles de pénurie (Singapour comme le Burkina-Faso, ce dernier étant apparemment mieux loti) comme dans les situations d’abondance (la Nouvelle-Zélande comme le Laos).


Ressource en eau douce fr
 
 

Les maladies liées à l’eau sont presque toujours dues à des modes d’accès à l’eau inadaptés et à des réseaux d’assainissement défaillants

Les chiffres bruts de disponibilité en eau par habitant ne donnent qu’une vision schématique des problèmes potentiels liés à l’eau. Ils doivent être pondérés par la faculté d’adaptation des différents États à leur situation hydrologique naturelle. Les enjeux liés à l’eau ne peuvent être appréhendés en ne considérant que le volume d’eau disponible, car la capacité des Etats à amener l’eau là où en a besoin, quand l’on en a besoin, doit être prise en compte. Bien des Etats souffrent plus d’un manque criant d’investissement dans le domaine de l’eau que d’une pénurie physique. Ainsi, les maladies liées à l’eau sont presque toujours dues à des modes d’accès à l’eau inadaptés et à des réseaux d’assainissement défaillants.

Cette capacité à « produire » de l’eau utilisable par les utilisateurs là où ils en ont besoin quand ils en ont besoin reste plus difficile à appréhender. La Banque mondiale utilise en première approximation le PIB. Récemment, des chercheurs du Centre for Ecology & Hydrology de Wallingford (UK) ont proposé un nouvel indicateur, le Water Poverty Index (Indice de pauvreté en eau), présenté dans la deuxième carte.

L’indice de pauvreté en eau (IPE) varie de 0 à 100, prenant en considération cinq facteurs :
- l’état de toutes les ressources, en tenant compte de la variabilité ;
- l’accessibilité, notamment pour les usages domestiques, mais aussi pour les possibilités d’irrigation ou d’accès à l’eau « virtuelle » (céréales et nourriture importées) ;
- l’utilisation, sa répartition par domaine et son efficacité ;
- la capacité d’adaptation, comprenant la dépense des ménages, le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat), la mortalité infantile, les investissements dans le domaine de l’eau ou encore l’existence de lois et d’institutions appropriées ;
- l’environnement, à savoir les besoins en eau de celui-ci, la sauvegarde des habitats, la pollution de l’eau, l’érosion des sols et le risque de crue.

Chaque critère se voit attribuer une note de 0 à 20. Le total est donné sur 100. Plus l’indice est bas, plus la situation est critique.

Sur la carte de l’IPE, les pays développés apparaissent dans une situation favorable. Même ceux qui ont des ressources brutes limitées compensent par une capacité d’adaptation forte et souvent ancienne. Ainsi, l’Ouest des États-Unis est la preuve qu’avec des ressources très faibles, mais des investissements financiers importants et l’utilisation des techniques les plus modernes, la pénurie d’eau peut être artificiellement ‘’résolue’’. Les pelouses de Los Angeles ou les fontaines de Las Vegas en sont la preuve la plus marquante.

 
Indice de pauvrete en eau fr


Un indice de pauvreté en eau reflétant la capacité des Etats à ‘‘produire’’ de l’eau utilisable par les utilisateurs là où ils en ont besoin, quand ils en ont besoin

De même, les pistes de ski construites dans les émirats du Golfe, à la ressource presque nulle, illustrent à l’extrême que la pénurie d’eau ne se conçoit que relativement à la capacité technique et économique et à la volonté politique de produire de l’eau, au prix parfois de désastres environnementaux.

En revanche, l’IPE fait ressortir la situation difficile des pays africains, qui est liée tout autant au manque de ressource qu’à la difficulté à la mobiliser. Plus généralement, seuls les pays du Sud où les ressources sont particulièrement importantes, notamment en Amérique latine, parviennent à avoir un IPE élevé. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne connaissent pas de problèmes liés à l’eau, mais plutôt qu’avec des investissements suffisants et des politiques adaptées, leurs problèmes sont potentiellement résolubles.

Pression sur la ressource, manque d’accès, problèmes liés à la pollution et à la destruction des milieux aquatiques : trois grands enjeux dessinant trois grands groupes de pays

Avec la lecture conjointe des deux cartes, trois grands groupes apparaissent selon les enjeux dominants. En Afrique du Nord et en Asie occidentale, la pression sur la ressource est la question la plus importante. La question de la disponibilité en eau mesurée par l’indice de pénurie en eau de M. Falkenmark prend tout son sens dans ces États où les prélèvements dépassent en moyenne 50 % de la ressource et des problèmes aigus de pénurie physique apparaissent lors de périodes de sécheresse prolongée.

A l’inverse, les Etats les plus pauvres, surtout en Afrique sub-saharienne, et secondairement en Amérique Latine et en Asie, sont confrontés à des questions d’accès à l’eau et à l’assainissement, ainsi qu’à la faible maîtrise des ressources pour l’agriculture, même si la ressource est parfois très abondante, comme en République Démocratique du Congo.

Dans les pays anciennement industrialisés, des investissements massifs et anciens permettent d’apporter l’eau là où on en a besoin, quand on en a besoin, mais n’empêchent pas l’apparition de problèmes liés à la pollution de l’eau et à la destruction des milieux aquatiques.
 
 

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