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En Europe, les réfugiés peinent à circuler dans des conditions dignes

Mandatés par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL pour une mission d'évaluation des besoins des réfugiés dans les Balkans, Yara Burka, chef de mission, et Guillaume Crocq, responsable de programme Eau, Hygiène et Assainissement, reviennent sur la situation indigne des réfugiés en Grèce et en Macédoine.

 

SI Migrant barbeles Macedoine 680


Les flux de migrants restent très importants en ce début d'année (2000 personnes par jour environ), même si les conditions climatiques hivernales tendent à ralentir et à en décourager certains à tenter de rejoindre l'Europe. "La mer est très agitée et le froid est redoutable," précise Guillaume.

"Suis-je un être humain ?"

Depuis fin novembre, consécutivement aux décisions d'autres pays européens, les autorités macédoniennes ont restreint l'accès à la frontière sud du pays avec la Grèce, laissant uniquement entrer sur le territoire des ressortissants afghans, syriens et irakiens, qui voudraient rejoindre l'Europe, pour seulement 72 heures.

Les réfugiés d'autres nationalités tentent tous les jours de traverser la frontière, bravant le froid et les périls de la route. Ceux qui sont arrêtés sont expulsés vers la Grèce ou placés en centre de rétention. "La Macédoine est juste un couloir de transit, pour ceux qui arrivent à y entrer. Les réfugiés tentent de rejoindre l'Allemagne, la Suède ou la Hollande", explique Yara, qui se rappelle de deux rencontres, tout d'abord celle avec un père de famille pakistanais : "Il m'a montré une photo d'un chien traversant la frontière en me disant : 'Tu vois, lui il peut passer et moi pas'. Il est très dur d'entendre un homme de quarante ans, qui avait un travail stable et une famille, vous demander si parce que l'on fuit une région en guerre, on n'est pas un être humain digne d'être traité comme tel. 'Am I a human being?' Ces mots résonnent dans ma tête." Et une autre rencontre, avec un Iranien qui ne comprenait pas pourquoi les afghans syriens et irakiens pouvaient passer et pas lui, arguant d'une situation de persécution dans son pays qui l'avait conduite à fuir et qu'une hiérarchisation dans les crises ne tenait pas compte des situations individuelles.

Elan de solidarité avec les réfugiés à la rue

Le camp d'Idomeni, situé au nord de la Grèce, à la frontière avec la Macédoine, où transitent en ce moment près de 2000 personnes par jour, a été évacué le 9 décembre 2015 par les autorités grecques. Ils ont reconduit les réfugiés d'autres nationalités que celles autorisées par la Macédoine vers Athènes, notamment dans les camps d'Eleonas et d'Elliniko. Dans ce dernier camp, vivent entre 150 et 400 personnes. Parmi ces familles, on trouve des Iraniens, des Pakistanais, des Marocains, des Somaliens, des Libanais, des Erythréens. Mais beaucoup plus se retrouvent également dans les rues d'Athènes, comme sur la Victoria Square, où les réfugiés peuvent recevoir de l'aide des ONG, mais aussi de la population. "Il y a un élan de solidarité d'ampleur de la part des populations locales grecques au vue de la crise que traverse le pays, explique Yara. Des habitants viennent donner de la nourriture aux réfugiés, des liens se tissent petit à petit... Certains commencent à apprendre quelques mots pour communiquer avec les réfugiés."

Le camp d'Idomeni se trouve sur une aire d'autoroute où ont lieu des distributions par les ONG pour les réfugiés. "Les besoins sont globalement couverts par les autorités, les ONG, l'ONU et la population volontaire, mais il y a encore des manques", indique Yara, qui pense notamment à la coordination entre les divers acteurs. "Les volontaires grecs ne manquent pas, mais ils sont épuisés et vivent assez mal l'ingérence de certaines ONG," explique Guillaume. Il arrive ainsi parfois que les réfugiés autorisés à entrer en Macédoine reçoivent la même chose au camp d'Idomeni qu'au camp de Gevgelija, côté macédonien. Paradoxalement, d'autres ne reçoivent pas assez d'aide.

Des kits pour assurer le minimum de dignité

"Passée la frontière gréco-macédonienne, les réfugiés arrivent au camp de Gevgelija, où ils peuvent manger, boire, se connecter à internet... » nous informe Yara. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient au camp de Gevgelija où l'équipe a construit 5 latrines d'urgence en attendant des latrines durables et mène des actions de nettoyage.

A la fin du long chemin de 180 km qui rejoint la frontière avec la Serbie, le camp de Tabnovce en Macédoine est le prochain stop. Il subit les mêmes problèmes que les autres camps, en particulier le manque de latrines, qui encourage la défécation à l'air libre. Moyennant des financements, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL souhaiterait pouvoir y construire des latrines temporaires pour parer à l'urgence de cette situation déplorable et anticiper une potentielle fermeture totale des frontières qui, dans des structures conçues uniquement pour le transit, conduirait à une situation aussi catastrophique qu'à Calais.

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