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Comment les crises humanitaires affectent-elles l'accès à l'eau et à l'assainissement des populations?

Les situations d'urgence humanitaire, qu'il s'agisse d'un conflit ou d'une catastrophe, sont marquées tant par des pertes en vies humaines, des blessés ainsi que par d'importants dégâts matériels tels que la destruction de l'habitat, des infrastructures et des moyens de production. De plus, ces crises provoquent des déplacements de populations. L'on pense à la Syrie qui compte aujourd'hui, 7,6 millions de déplacés dans le pays, soit plus de 40% de sa population. Parmi eux, l'on recense 4 millions de réfugiés à l'extérieur et 12,2 millions de personnes ayant besoin d'aide dont 4,8 millions situés dans des zones difficiles d'accès.

 

Par expérience, nous savons que l'eau et l'assainissement constituent une des toutes premières priorités, si ce n'est la première, pour les populations victimes de ces crises. En effet, l'eau potable est un besoin vital quotidien essentiel à la survie de ces personnes. Il faut apporter l'eau là où elle est absente, comme dans un camp de déplacés, mais aussi apporter de l'eau en plus grande quantité là où il n'y en a pas suffisamment, comme dans des zones d'accueil habitées et débordées par l'afflux de familles fuyant la crise. Parallèlement, il faut songer à y installer simultanément des toilettes pour faire face à ces concentrations de population. D'autant que l'absence de toilettes et d'assainissement - comme l'absence de gestion des déchets - est la cause principale de la contamination de l'eau et de la propagation des maladies dites hydriques.

L'absence d'hygiène a pour conséquence immédiate de souiller l'eau, les ustensiles de cuisine et tout ce qui permet de transporter ou d'utiliser l'eau, comme les jerricans, les seaux, les bassines,... Par ailleurs, le savon reste le moyen le plus efficace pour prévenir des maladies diarrhéiques, que l'on soit au Soudan du sud, au Myanmar, en RCA ou encore en Afghanistan, des pays où ce produit reste encore une denrée rare.

Les diarrhées et d'autres maladies liées à l'eau insalubre (dysenterie, typhoïde, hépatite, choléra, ou encore la malaria) font alors leur apparition parmi ces populations déjà fragilisées, au risque de provoquer des épidémies. Rappelons que l'eau insalubre tue actuellement chaque année 2,6 millions d'êtres humains dont une majorité d'enfants et d'adolescents.

Quel rôle peut jouer une ONG humanitaire dans de telles situations ?

Les ONG humanitaires doivent répondre rapidement aux besoins vitaux des populations qui sont en danger. En matière d'eau potable, cela va de techniques simples, adaptées à la zone et efficaces, à des moyens plus complexes et durables.

Les moyens varient d'une situation à l'autre : camions citernes dans les cas d'extrême urgence, chlorage de l'eau, stations mobiles de potabilisation, captages de source aménagée, captages et traitement des eaux de surface, forages équipés de pompe à main, ou encore réservoirs d'eau et rampes de robinets. Et, dès que le contexte le permet, il est possible de réparer, voire de construire, des stations de traitement et des réseaux d'adduction d'eau avec des bornes fontaines, voire des robinets proches ; en organisant la gestion communautaire de la ressource et la maintenance des installations.

La panoplie des techniques et moyens est large, diversifiée et adaptée, qu'il s'agisse de zones rurales ou urbaines, de camps de déplacés ou de réfugiés, dans des environnements variés, avec une source d'eau abondante ou très rare.

Dans ces contextes, la coordination opérationnelle des acteurs humanitaires est importante pour gagner en complémentarité et en efficacité afin d'apporter une meilleure réponse collective aux besoins des populations. Dans le domaine de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement, comme dans les autres grands domaines des secours (alimentation, santé, abris, produits de première nécessité,...), les ONG se coordonnent généralement dans le cadre des clusters des Nations-Unies, notamment le cluster WASH piloté par l'UNICEF avec des ONG. Cluster WASH au sein duquel certaines ONG délèguent des experts qui réalisent des évaluations définissant une réponse coordonnée au service de tous les intervenants, comme nous le faisons actuellement au Népal.

Lire l'article dans sa totalité sur le huffingtonpost.fr: http://huff.to/1KwOqoR

                                                                                         
Alain Boinet, fondateur de Solidarités International

 

Pour en savoir plus:

Golfe du Bengale : qui sont ces boat-people à la dérive ?
Wou Ba'aden: Vivez la vie d'un réfugié syrien au Liban

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